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  • Grégoire Jeanmonod

Une licorne XXS


Mais pourquoi cette licorne de Raphaël n'est-elle pas plus grande qu'un caniche ?


Réponse: Parce qu'initialement, ça devait être un caniche (ou un yorkshire, ou un spitz... enfin un chien, quoi !)


Autant le dire franchement : on ne sait pas qui est cette jeune femme. On ne sait pas non plus qui est le commanditaire de l’œuvre. Seule certitude, selon les experts : ce portrait est de la main de Raphaël, le grand maître de la Renaissance italienne.


Quant à la raison d’être du tableau, l’hypothèse la plus probable est celle du portrait nuptial : l’usage à la Renaissance, dans le cas fréquent d’un mariage entre familles nobles, était d’envoyer au futur époux un portrait de la promise.


Ce portrait, considéré comme l’une des plus belles œuvres de Raphaël, a fait l’objet de nombreuses analyses. Il a notamment été étudié aux rayons X, qui ont permis d’observer les couches inférieures du tableau.


Et ces analyses ont révélé qu’initialement, sur les genoux de son modèle, l’artiste avait peint un chien. Ce n’est que dans un second temps qu’il a transformé ce chien en licorne. Ce qui explique la taille minuscule de l’animal.


Pourquoi une telle modification ? c’est peut-être du côté du sens qu’il faut chercher la réponse. A la Renaissance, le chien est un symbole de fidélité conjugale. La licorne, quant à elle, est un symbole de chasteté.


Que s’est-il passé pour que Raphaël décide de transformer son tableau ? Etait-ce une demande du commanditaire ? Cela répondait-il à une exigence de la famille du futur époux ? Je vous laisse le soin d’imaginer le scénario.


En tout cas, une choses est sûre : quelqu’un a soudain jugé plus judicieux d’assurer la virginité de la jeune femme que de promettre sa fidélité.


Et Raphaël, tout grand artiste qu’il était, n’a sans doute fait que respecter la volonté de son client…


Conclusion: Un grand professionnel sait s'adapter à toutes les circonstances.


Entre la naissance d’un projet et son aboutissement, il est fréquent que de nouveaux éléments ou événements surviennent, et modifient la situation. Un client change d’avis ou un concurrent propose une solution similaire, et c’est toute la viabilité de notre projet qui est questionnée. Plutôt que de rester bloqué sur notre idée première, nous devrions alors être capable de revoir notre copie et d’adapter notre travail, en intégrant ces aléas et leurs effets dans notre réflexion. Plus encore que dans la pertinence de notre vision initiale, c’est dans notre agilité et notre capacité d’adaptation que s’exprime souvent notre valeur ajoutée.

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