Andy Warhol & Jean-Michel Basquiat

Untitled (Zenith 1/2)

1984

Exploiter nos différences

Quand Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat se rencontrent en 1983, ils n’ont rien en commun. Warhol, d’origine slovaque, a 55 ans. Artiste accompli, il côtoie les puissants et jouit d’une renommée planétaire. Basquiat, mi-haïtien mi-portoricain, a 23 ans et débarque à peine sur la scène new-yorkaise. Rebelle et marginal, il vient de la rue et du graffiti. Et tandis que Warhol recourt aux moyens mécaniques de reproduction d’images, Basquiat cherche au contraire l’énergie et la vivacité du geste, instinctif et sauvage.

 

Malgré leurs différences, ils se lient d’amitié. Warhol

donne à Basquiat des conseils et lui ouvre son réseau. Mieux: ils cosignent des œuvres où la violence du geste de l’un se confronte à l’esthétique pop de l’autre, et exposent ces toiles sur un pied d’égalité. Pourquoi? Parce que chacun a beaucoup à y gagner. Warhol, qui trimballe l’étiquette du pop art déjà poussiéreux, cherche le renouveau, la jeunesse et la fraîcheur. Basquiat, quant à lui, a besoin de l’expérience de son aîné, de sa vision et de son intelligence. Leur coup de génie, c’est d’avoir su transformer leur différence en complémentarité.

Ce qu'on peut en retenir:

La différence – culturelle, générationnelle ou autre – est souvent perçue comme un obstacle à la relation et donc à la collaboration. Pourtant, avec un peu de curiosité et d’humilité, on peut souvent en faire une source de complémentarité. Elle s’avère alors un formidable ressort de créativité.