Peter Doig

Affiche pour Pierrot le Fou 

2004

Partager... pour le plaisir

Le peintre britannique Peter Doig a acquis une renom-mée internationale au début des années 1990. Ses toiles, qui aujourd'hui comptent parmi les plus chères du marché de l'art, questionnent le rapport de

l'homme à la nature: on y découvre générale-

ment des espaces sauvages ou désertiques au

milieu desquels la présence humaine semble insignifiante. Des oeuvres à la fois suggestives

et poétiques, réalisées dans un style qui privilé-

gie l'atmosphère générale et le mystère qu'elle

induit sur la précision du détail.

En 2003, alors qu'il vient de s'installer sur l'île de Trinidad, dans les Caraïbes, il décide de s'investir dans un projet qui ne lui apportera assurément ni argent ni

publicité, mais qui lui procurera en revanche un plaisir certain. Cinéphile passionné, il créé - avec son ami le

peintre Che Lovelace - un club baptisé StudioFilmClub,

                 pour partager avec les Trinidadiens son

                 enthousiasme pour le 7ème art. Depuis sa 

                 création, le club propose donc chaque semai-

                 ne, dans une petite salle de spectacle, une

                 projection gratuite d'un film choisi par Doig et

                 Lovelace. Une soixantaine de personnes

                 viennent ainsi découvrir, projection après pro-

                 jection, des oeuvres de Godard, Almodovar ou

                 Kurosawa. Un public de dimension certes modeste, mais un plaisir immense pour le peintre qui - preuve de son engagement - réalise lui-même une affiche pour chaque film projeté.

Ce qu'on peut en retenir:

Les impératifs de rentabilité de nos entreprises contemporaines nous ont amenés à dissocier la notion de travail et l'idée de plaisir... jusqu'à oublier que l'enthousiasme conditionne la performance. S'investir dans un projet de partage, sans intérêt immédiat autre que le seul plaisir de l'échange, n'est pas une perte de temps: c'est au contraire un excellent moyen de cultiver à la fois sa propre motivation et celle du collectif.