Théodore Géricault

Le Radeau de la Méduse

1818-19

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Le 2 juillet 1816, la frégate française Méduse fait naufrage au large de la Mauritanie. Sur les 147 personnes qui se réfugient sur un radeau de fortune, seuls douze s'en sortiront, repêchés deux semaines plus tard par un navire venu les secourir. L'affaire fait les gros titres des journaux, et deux des survivants publient un livre décrivant quinze jours de calvaire, entre faim, déshydratation, folie et cannibalisme.

Théodore Géricault, fasciné par cette histoire, décide d'en faire le sujet d'un tableau spectaculaire et néanmoins fidèle à la réalité. Problème: il ne connaît

rien à la mer, et encore moins aux naufrages. Loin de se décourager, il se donne les moyens de ses ambitions: non seulement il lit attentivement l'ouvrage des deux survivants, mais en plus il les convainc de participer à la conception de son tableau. Il construit même dans son atelier une maquette grandeur nature du radeau, et invite plusieurs rescapés à poser pour lui. Enfin, il se procure grâce à un ami médecin des membres humains amputés afin d'étudier leur aspect et leur couleur. C'est à ce prix qu'il signera, au terme d'une année de travail dans des conditions extrêmes, une des œuvres majeures de l'art français. 

Ce qu'on peut en retenir:

Nous partons souvent du principe que si nous n'avons pas une expertise suffisante dans un domaine particulier, nous manquons de légitimité pour nous y aventurer. C'est oublier que ces connaissances sont disponibles autour de nous: il s'agit de solliciter l'aide des bonnes personnes et d'aller chercher l'information où elle se trouve.