Francis Bacon

Study for Portrait on Floding Bed

1963

Agir avant de réfléchir

Autodidacte venu tardivement à la peinture, l’Irlandais Francis Bacon est devenu célèbre dès les années 1940 pour ses œuvres spectaculaires où des corps semblent malmenés jusqu’à la déshumanisation, comme distordus sous l’effet d’une énergie indomptable. Ces images saisissantes ont fait de lui l’un des principaux représentants de l’Ecole de Londres, mouvement revendiquant la pratique de la peinture figurative à une époque où la modernité semblait devoir passer par l’abstraction.

Si ses œuvres suggèrent inévitablement la violence et le malaise, c’est à l’origine leur processus de création qui a exploité – de manière assumée et même revendiquée – la notion d’accident. En effet pour commencer une toile, au lieu de dessiner ou de tracer une esquisse, il projetait de la peinture sur la surface vierge pour générer une tâche au contour aléatoire. C’est à partir de cette forme hasardeuse que son imagination pouvait commencer à travailler, en faisant surgir du chaos des images dont le caractère spontané fait aujourd’hui encore la puissance de son art.

Ce qu'on peut en retenir:

Tout processus créatif se heurte au « syndrome de la page blanche ». En voulant concevoir intellectuellement des idées très abouties, nous nous empêchons de les concrétiser. Agir de manière instinctive – voire hasardeuse – permet de générer une base de travail que nous pourrons ensuite parfaire.