Edgar Degas

le Champ de Course

Entre 1876 et 1887

Donner du sens à l'insignifiant

Au milieu du XIXème siècle, le monde de l’art assiste à l’émergence d’une technologie nouvelle qui promet de bouleverser radicalement l’ensemble de la culture visuelle: la photographie. Comme d’autres membres du groupe impressionniste, Edgar Degas se passionne pour ce mode de production d’images dans lequel il voit une incarnation du progrès.

 

Rapidement, il comprend le potentiel de la photographie autant que ses limites. Il constate notamment que le photographe, contrairement au peintre, ne dispose pas ses figures à sa convenance

dans le cadre puisqu’il ne peut que capturer un fragment de la scène qui se déroule devant lui. Il en résulte des images à la composition parfois hasardeuse, avec des personnages coupés par le cadre ou se dissimulant les uns les autres. Cet inconvénient inhérent à la photographie, Degas le perçoit comme un vecteur de modernité, propre à traduire le tumulte et l’agitation de son époque. Ainsi, fasciné comme ses amis impressionnistes par le caractère fugace et éphémère de nos perceptions, il crée des tableaux dont les figures sont livrées au même sort que les sujets tronqués des premières photographies.

Ce qu'on peut en retenir:

Qu’on le veuille ou non, notre quotidien est riche d’événements insignifiants et parfois contrariants, que nous accueillons avec résignation comme des maux nécessaires. Pourtant, si on cherche à en comprendre les tenants et les aboutissants, ils peuvent devenir des sources d’inspiration inespérées.