Salvador Dalí

La Madonne de Raphaël à Vitesse maximale

1954

Explorer d'autres univers

Célèbre pour ses extravagances mégalomaniaques autant que pour ses œuvres hallucinatoires, emblématiques du courant surréaliste dont il fut l'un des représentants, l'Espagnol Salvador Dali nourrissait une passion sans bornes pour l'univers des sciences. Lecteur assidu des théories les plus ardues, de la science des trous noirs à la physique quantique, il admirait Albert Einstein, vénérait Stephen Hawking, et s'était lié d'amitié avec plusieurs lauréats du Prix Nobel ou de la Médaille Fields. Au point qu'il prétendait évoluer avec la même aisance dans le monde de l'art et dans celui de la science.

Loin de n'être qu'un centre d'intérêt étranger à son travail d'artiste, les sciences ont inspiré une grande partie de son travail. En effet beaucoup de ses œuvres font référence, plus ou moins explicitement, à des découvertes mathématiques ou scientifiques telles que la théorie des catastrophes ou la structure moléculaire de l'ADN. Des idées qu'il n'hésitait pas à associer à une imagerie artistique familière, souvent à connotation religieuse. Ici par exemple, il "désintègre" une Madonne de Raphaël en rappelant conjointement la nature atomique de la matière et la dimension spirituelle de l'existence.

Ce qu'on peut en retenir:

L'innovation vient du brassage des idées et de la rencontre de savoirs - et de savoir-faire - de natures différentes. Etre performant dans une discipline donnée requiert donc non seulement une certaine expertise dans ce domaine, mais aussi une capacité à être curieux d'autres univers, pour élargir notre regard et stimuler notre créativité. Diversifier nos centres d'intérêt, c'est explorer le monde dans toute sa richesse.